Quelle est la réglementation sur le transport de bidons et jerricanes d’essence ?

Très inflammable, l’essence est un carburant de grande utilité. Le transport de masse de ce carburant est le plus souvent assuré par de grands fûts. Toutefois, pour une raison ou une autre, il peut arriver que l’on ait besoin d’en déplacer une quantité moins importante. Pour ce fait, il y a les bidons ou jerricanes qui peuvent facilement être emportés partout. Dans ces cas, la loi a prévu des prescriptions pour la sécurité des personnes et des biens. Voici ce qu’il faut retenir de la réglementation sur le transport de bidons et jerricane d’essence.

La quantité d’essence maximale que l’on peut transporter

législation transport essenceSi l’on veut se déplacer avec du carburant tel que l’essence, il revient à se renseigner sur la quantité que l’on est autorisée à porter. Pour se conformer à l’ADR, nul n’a le droit de se déplacer avec plus de 333 litres d’essence. En réalité, l’accord stipule qu’en dessous de ce volume, il n’y a aucune exigence particulière.

En deçà de la limite fixée, la procédure est tout autre. En effet, à partir d’une quantité donnée, le transport de l’essence sera traité à part entière comme un transport de matières dangereuses TMD.

Avoir du matériel régulièrement autorisé

L’essence est un carburant dangereux. Pour le transporter, il n’est pas question de se servir d’un récipient quelconque. Pour cela, les bidons spécialisés pour le transport de carburant existent. Ce sont des bidons homologués et qui ont reçu le quitus de l’ONU.

Seuls les bidons à carburant et jerricanes d’une contenance maximale de 60 litres ont reçu l’approbation pour stocker de l’essence. Ils sont étiquetés afin d’être facilement identifiables lors de contrôles routiers par exemple. Sur l’étiquette, sont affichés le numéro d’identification de l’essence, le code de danger qui lui est attribué de même que le pictogramme. Il s’agit respectivement de 1 203 et de 33. En termes courants, l’étiquette contenant ces informations est la plaque orange.

Il est à retenir que même s’il a été homologué, un jerricane ayant servi à stocker un autre carburant ne peut pas être utilisé pour transporter de l’essence. La classification est définie et unique pour chaque produit considéré comme dangereux.

Le récipient qui contient l’essence se veut d’être bien emballé. Il devra être bien étanche. Les bidons et jerricanes homologués ont déjà été testés et vérifiés. Ce n’est qu’après plusieurs essais, que le contenant reçoit le marquage de l’ONU.

Transport d’essence et d’autres carburants : que dit la réglementation ?

loi transport bidon carburantIl est fréquent d’avoir à transporter de l’essence ainsi que d’autres carburants pendant le même voyage. Que ce soit du gaz ou gas-oil, des arrêtés ont prévu ce qu’il y a lieu de faire en de telles circonstances.

Il faudra d’abord évaluer le volume exact d’essence à déplacer. C’est en fonction de ce paramètre que sera définie la quantité complémentaire du second produit qu’il est possible d’emporter. Quoi qu’il en soit, il est interdit de transporter plus de 1 000 litres de matières dangereuses.

La quantité d’essence doit être affectée d’un coefficient dont la valeur est 3. Le volume du second carburant à ajouter est le reste obtenu lorsque l’on retire la quantité d’essence multipliée par 3 de 1 000 litres. En clair, si Ve est la quantité d’essence et Vz celle de l’autre carburant, alors, Vz = 1 000 – (Ve X 3).

Les mesures de sécurité à prévoir

Tous les moyens de transport sont éligibles au déplacement de l’essence. Il faudra juste tenir compte du poids que peut supporter le véhicule. Toutefois, quelques mesures préventives sont à prendre en compte pour la sûreté de tous.

En premier, il est important de s’assurer de ce que les contenants soient en équilibre. Pour cela, ils doivent être ajustés et bloqués. Cela permet de les maintenir pendant les secousses du trajet. Ensuite, il est plus sécurisant de charger du carburant dans un véhicule ventilé. Une ventilation naturelle est préconisée. De préférence, les bidons ne doivent pas être en contact de la lumière.

Il est impératif de s’assurer que l’on dispose d’au moins deux extincteurs avant de prendre la route. Dans l’ADR, il est exigé un extincteur à poudre ABC. Il ne doit pas avoir été utilisé et être rapidement accessible. Par contre, il doit être assez protégé pour ne pas être altéré. À chaque transport, l’extincteur doit faire l’objet de vérification assidue. Il doit être toujours fonctionnel. Puisqu’il pourrait être sollicité, tout transporteur se doit d’en maîtriser l’usage.

Il va de soi qu’il est interdit de fumer à bord d’un véhicule transportant de l’essence. De la même manière, il n’est pas prudent d’emporter pendant le voyage du matériel dont la manipulation pourrait créer des étincelles. Toujours pour éviter de créer un incident, il est suggéré d’éteindre le moteur si l’on veut décharger les bidons.

Pour résumer, le transport d’essences est régi par les arrêtés votés par l’ADR. Ceux-ci encadrent les normes en rapport au contenant, mais aussi au matériel et au personnel. Après le transport, il est important de veiller à nettoyer de fond en comble le véhicule afin de le débarrasser de toute trace du combustible.